Déclaration Balfour : 100 ans après

Plus de 11.000 personnes ont déjà signé la pétition en ligne appelant le gouvernement britannique à présenter officiellement ses excuses pour la Déclaration de Balfour.
« Nous avons clairement déclaré que nous étions victimes du colonialisme britannique et que le moins qu’on puisse attendre du Royaume-Uni est de s’excuser auprès du peuple palestinien », a déclaré Xavier Abu Eid, un porte-parole de l’OLP (Organisation de la Libération de la Palestine), à Media Line.

Mais qu’est ce que la Déclaration Balfour ?

Il s’agit d’un lettre ouverte rédigée le 2 Novembre 1917 par Arthur Balfour, Ministre des Affaires Étrangères Britanniques, puis publiée dans le Times, à l’attention de Lord Lionel Walter Rothschild, important représentant de la communauté juive britannique et financier du mouvement sioniste. Il explique dans cette lettre que le gouvernement britannique serait favorable à l’établissement d’un foyer juif en Palestine, dont la souveraineté précédemment ottomane cède peu à peu la place à un protectorat britannique qui sera instauré quelques temps plus tard (1918). La déclaration Balfour est encore aujourd’hui considérée comme la première reconnaissance par un gouvernement du droit à exister d’Israël.

Pourtant, cette déclaration qui fête cette année ses 100 ans est encore aujourd’hui contestée. L’OLP va même jusqu’à demander à la Grande-Bretagne de s’excuser, considérant celle-ci comme une trahison à leur encontre.

Mais peut-on réellement parler de trahison quand on sait que le pays de Palestine n’a jamais existé ? Peut-t-on parler de trahison quand les autorités qui demandent ce pardon n’ont jamais envisagé le moindre partage d’une terre qui ne leur appartenait pas plus qu’à d’autres, ayant été pendant des centaines d’années dominée et régie par différentes puissances régionales ? Peut-on parler de trahison quand ces mêmes personnes sont prêtes à renier l’existence d’une origine juive sur ces terres, tout en étant confrontées à des preuves historiques irréfutables?

La présence juive sur la terre d’Israël remonte à des millénaires

Parce que non, les juifs n’ont pas commencé à s’installer en terre de Palestine après la Seconde Guerre Mondiale, ni même en 1948 lors de la déclaration d’Indépendance de l’État d’Israël. La présence juive sur la terre d’Israël remonte à des millénaires et a toujours existé. Plus récemment, les juifs ont (re)commencé à s’y installer à la fin du XIXè siècle, quand l’antisémitisme faisait rage à travers toute l’Europe sous forme de pogroms, de ghettos…

Puis, au lendemain de la création par Theodor Herzl du mouvement Sioniste, au Congrès de Bâle de 1897, il y eut une nouvelle vague d’immigration juive vers la terre de Palestine qui dura jusqu’au début de la Seconde Guerre Mondiale. Un des projets de Herzl était d’acquérir les droits sur les terres mises en vente par l’Empire Ottoman, à l’aide du Fonds pour l’implantation juive, première banque sioniste qu’il fonda en 1899 . À l’issue de la Première Guerre Mondiale, les Britanniques prirent le contrôle de la terre de Palestine et jouèrent sur les deux tableaux en promettant aux Arabes une indépendance imminente et aux Juifs la prochaine création d’un Foyer Juif National, ce qui engendra de nombreux conflits et tensions entre les deux populations.

« Au départ c’était une terre juive, ça reste une terre juive »

En 1939, sous la menace des Arabes de se rallier à l’Allemagne, les Britanniques réduisirent drastiquement l’immigration juive en provenance de l’Europe et interdirent la vente de terres aux juifs. La conférence sioniste de New York en 1942 et l’odyssée de l’Exodus en 1947 transformèrent l’opinion internationale. L’ONU s’empare alors du dossier en 1947, soutenu par les États-Unis et l’URSS, et vote le plan de partage de la Palestine à 25 voix pour, 13 contre, et 17 abstentions, le 29 Novembre 1947.
Le partage fut refusé catégoriquement par la Ligue Arabe et le Haut Comité Arabe, qui voulaient être les seuls à avoir autorité sur ce territoire.
La déclaration d’indépendance de l’État d’Israël est proclamée par David Ben Gourion le 14 Mai 1948 selon les termes de l’ONU, suivie le lendemain d’une déclaration de guerre par ses 7 voisins arabes.

On comprend donc que la déclaration Balfour, bien qu’étant la première reconnaissance formelle du droit à exister d’Israël, s’inscrit dans un long processus de retour des Juifs sur la Terre d’Israël.

Contester sa pertinence revient à remettre en cause la légitimité de l’existence de l’Etat d’Israël. Contester la déclaration Balfour et amener le gouvernement britannique à s’en excuser remettrait en cause la légitimité de tous les traités territoriaux signés à travers l’histoire.

Pour finir, je citerai le journaliste et écrivain Franz-Olivier Giesbert :
“Il y a beaucoup de choses qu’on ne dit pas. Par exemple, on n’a pas le droit de dire que la Palestine est une terre juive. […] Les juifs ont été en Palestine pendant 12 siècles, et après il y a eu une série d’invasion : les Perses, les Romains, les Turcs, tout le monde s’y est mis. Mais au départ c’était une terre juive, ça reste une terre juive.”

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Sarah Chemla

Activiste, étudiante, militante, révoltée, spontanée, je donne mon avis que ça vous plaise ou non. Ma devise : « Sois le changement que tu veux voir dans le monde »

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